Rise of The Coders - The book (Version anglaise)

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Nouveau produit

  • Recueil des meilleures planches des dernières années
  • Cinq planches inédites !
  • 6 contributions de codeuses et codeurs reconnus, avec pour chacun un strip sélectionné et un texte de leur composition
  • "Code source", une histoire longue futuriste mettant en scène nos personnages d'une manière totallement inédites
  • 128 pages
  • Relié - Belle couverture rigide avec verni sélectif

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22,00 € TTC

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Détails sur l'ouvrage

  • Album relié : 128 pages couleur.
  • Editeur : CommitStrip (auto-édité) (décembre 2016)
  • Langue : Français.
  • ISBN : 978-2-9547062-1-4
  • Dimensions du produit: 20x 24 x 1,2 cm

Préface du livre

En attendant la Singularité

par Thomas Jestin

Geek is chic ! Geek is the new sexy ! Bill Gates est l’homme le plus riche du monde ! Zuckerberg a eu le droit à un film à peine six ans après avoir fondé Facebook ! L’uberization du monde est en marche ! Software is eating the world !

Enfin, le software transforme le monde plus qu’il ne le mange faudrait-il dire ! Et beaucoup de raisons de penser que c’est pour le meilleur !

Si aujourd’hui nul ne peut ignorer l’avènement des codeurs, leur art ne date pas d’hier même si leur consécration fut longue à venir !

Et oui, c’est en 1843 (avec un 8 et non un 9 !) que le premier algorithme destiné à être exécuté par une machine fut publié ! Et l’honneur revient à une Lady, Augusta Ada King, comtesse de Lovelace, cela ne s’invente pas ! On lui doit donc le premier programme informatique, un véritable algorithme très détaillé permettant de calculer les nombres de Bernoulli et écrit pour un ancêtre de l’ordinateur, la machine analytique de Charles Babbage.

Depuis, les paradigmes de l’informatique se sont enchaînés : on est passé des ordinateurs électromécaniques à ceux à relais puis à tubes électroniques sous vide. Belle coïncidence décimale de l’histoire, en 1943, soit 100 ans après l’algo de Lady Lovelace, les Britanniques mettent au point l’ordinateur à tubes sous vide Colossus pour décrypter les codes du haut commandement militaire nazi. Et oui, les codeurs sont d’abord et avant tout des « codebreakers » ! Colossus, c’est en fait le premier ordinateur au monde qui soit électronique, digital et véritablement programmable !  Capable de lire des commandes imprimées et d’être configuré pour accomplir des opérations de logique booléenne.

Place ensuite aux transistors puis aux circuits intégrés, le cinquième paradigme de l’informatique dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui.

Si accéder à un ordinateur était un luxe pour le jeune Bill Gates, aujourd’hui un smartphone est plusieurs millions de fois plus puissant que tous les ordinateurs de la NASA de 1969 réunis !

En effet, cela fait près de 50 ans que se vérifie la « loi de Moore », du nom de Gordon Moore, le cofounder d’Intel. Cette prédiction veut que le nombre de transistors par microprocesseur double tous les 18 mois sous les effets du progrès technique. Si on la généralise à la puissance de calcul disponible pour 1000 dollars, on s’aperçoit même qu’elle concerne les 5 grands paradigmes successifs de l’informatique et dure donc depuis le début du 20ème siècle !

Cette croissance exponentielle des performances du hardware est une aubaine pour les développeurs dont l’art est d’écrire des programmes à même de sublimer cette puissance brute de calcul! Comme pour toute courbe exponentielle, cela a démarré doucement, mais nous sommes aujourd’hui au point d’inflexion de cette courbe !

Rendez-vous compte, le téléphone a mis 75 ans pour toucher 50 millions d’utilisateurs, la radio 38 ans, la télé 13 ans. Facebook a mis 3 ans et demi pour en gagner autant. Pokémon Go a juste eu besoin de 19 jours !

Google, fondée en 1998, compte 7 services avec plus d’un milliard d’utilisateurs mensuels: Search, Maps, Gmail, Android, Chrome, Google Play et le bon vieux Youtube. Whatsapp aussi a franchi ce milestone délirant, avec son staff de 50 dévs tout mouillé !

Uber a 5 ans et veut rendre l’accès au transport aussi simple qu’ouvrir un robinet. Uber c’est aujourd’hui à San Francisco trois fois la taille du marché que tenaient les taxis dans la ville avant son arrivée. Uber est présent dans plus de 500 villes dans le monde.

Ces logiciels très décriés détruisent peut-être des emplois de la vieille économie et en indisposent certains. Mais c’est le propre des révolutions. Et celle-ci se fait par le vote des consommateurs, non par les armes et le sang. C’est parce que ces bouts de code bien packagés fournissent des services meilleurs car bien souvent plus complets, plus rapides et moins chers, que les consommateurs les plébiscitent ! Aujourd’hui il coûte moins cher de circuler en Uber à San Francisco que de posséder sa propre voiture. Imaginez quand les voitures seront auto-pilotées ! La Google Car, plus d’un million de kms au compteur, est réputée moins dangereuse que le conducteur moyen depuis 2012. Aveugles, personnes âgées, enfants, tout le monde pourra circuler partout, n’importe quand, quasi gratuitement, en s’amusant, en dormant ou en travaillant, et surtout en courant beaucoup moins de danger. 38300 personnes sont mortes sur la route aux USA en 2015. 3380 Américains sont victimes d’actes terroristes entre 2001 et 2013. De quoi parle-t-on le plus ?

L’avènement du software, c’est aussi entre autres le succès d’Airbnb par exemple qui accueillait en juillet dernier son cent-millionième client. Airbnb, un amas de ligne de code qui ne possède aucune chambre, est valorisé plus que Hilton et Hyatt réunis !

Nous vivons une époque incroyable ! Il n’a jamais été aussi facile qu’aujourd’hui pour un dév de lancer un projet : accès à des librairies open source pour construire n’importe quoi rapidement et gratuitement sans réinventer la roue, accès en un clic à hébergement et puissance de calcul scalable dans le cloud. Le growth hacking enfin (le marketing fait par un dév en fait) permet de pouvoir tester un minimum viable product à moindre frais. Et si ça mord, ce sont les investisseurs qui défileront à votre porte. À moins que vous ne sollicitiez les deniers des internautes via le crowdfunding (voire le peer-to-peer lending), l’équipe de Pebble Time avait ainsi pu lever un million de dollars…en une heure.

Peut-être qu’au fond, le plus dur est d’apprendre à coder ! Et certains s’y mettent tôt ! Si Mozart restera à jamais ce génie de la musique qui savait composer dès l’âge de 6 ans, le monde des développeurs a aussi ses jeunes héros, comme Anvitha Vijay, 9 ans, la plus jeune développeuse d’applis iPhone (tout genre confondu) qui a appris à coder dès 7 ans grâce à des vidéos Youtube.

En plus de lire, écrire, compter, il est urgent que nos enfants apprennent à coder, au moins des rudiments ! Car aujourd’hui, rendre quelque chose « smart », c’est demander à un codeur de travailler dessus !

Les codeurs ont la possibilité de pouvoir toucher avec leurs lignes de code plus de gens que jamais ! Aujourd’hui on compte 3,5 milliards d’internautes dans le monde sur 7,5 milliards d’habitants, and counting. On prévoit que d’ici à 2020, il y aura plus de 50 milliards d’objets connectés dans le monde capables de collecter et analyser des données. Et en parlant de données, on en a généré plus ces 3 dernières années grâce entre autres aux logiciels pondus par des codeurs, que dans toute l’histoire de l’humanité avant cela. C’est le fameux big data rendu possible par ce tango endiablé et permanent auquel se livrent les progrès du hardware et ceux du software.

Et quand ils ne codent plus, certains des codeurs les plus accomplis transposent leur état d’esprit hacker et allouent leur fortune gagnée grâce au software à des causes ambitieuses s’il en est : mettre fin à la pauvreté dans le monde pour Bill Gates, précipiter le règne des énergies propres et faire de l‘homme une espèce multi-planétaire pour Elon Musk, connecter les 4 milliards de personnes qui ne le sont pas encore dans le monde pour Elon Musk (encore lui), Sergey Brin, Larry Page et Mark Zuckerberg grâce à des satellites, ballons ou autres drones !

On vit une sacrée époque ! Et ce n’est que le début, il se peut bien que la réalité virtuelle et augmentée ouvre encore une nouvelle ère de l’informatique, alors que celle d’aujourd’hui portée par les smartphones n’a même pas 10 ans! HoloLens et autres plateformes émergentes s’ouvrent déjà aux développeurs tiers. Un mot aussi sur les promesses incroyables de l’intelligence artificielle, pour laquelle les géants comme Google proposent déjà des librairies open source d’algo de machine learning permettant à des startups par exemple de construire les chatbots de demain.

Et ce alors que les progrès en hardware continuent avec une révolution probable et imminente en quantum computing dont certains disent qu’il constituerait un saut plus grand par rapport à nos super ordinateurs d’aujourd’hui, que le bond réalisé pour passer des abaques et bouliers primitifs à nos super ordis du moment, avec des performances des milliards de fois supérieures. Des gains permettant de simuler des interactions à l’échelle atomique et moléculaire et donc d’accomplir des découvertes insoupçonnées en médecine, sciences des matériaux, climatologie, ou encore astronomie pour ne citer que quelques disciplines.

Les années à venir s’annoncent palpitantes, et les développeurs sont à l’avant-garde de tous ces changements! Ce livre, avec des planches et interviews inédites, a pour objet de leur rendre hommage et de célébrer leur univers et leur culture encore mal connus du grand public ! Un livre à mettre entre toutes les mains ! En attendant que l’intelligence artificielle ne mange les dévs eux-mêmes…



Thomas Jestin @thomasjestin

Associé co-fondateur de CommitStrip, co-fondateur de KRDS, fondateur de l’asso kupita.org et chroniqueur dans le JDN et L’Express